La zoothérapie, ou la médiation animale… ou les deux…

Une de mes premières prises de conscience  – en dehors de la sphère privée! – du pouvoir de l’amour animal sur le bien-être humain est antérieure à mon métier d’éduc. J’habitais alors Cazenave, un joli village perché dans les montagnes ariégeoises. Mes propriétaires, qui étaient aussi mes voisins et des gens formidables, possédaient une ferme à lamas – des lamas qui avaient tous des noms de noix à l’époque ; Cajou, Ginkgo, Coco…Et je les aidais parfois dans leurs tâches (mes propriétaires…). C’est ainsi que j’ai eu l’occasion d’accompagner l’accueil d’enfants venus d’un IME de la région. Je révisais alors mon concours de professeur des écoles, donc à mille lieues de l’éducation spécialisée (et aujourd’hui j’ai vraiment mal d’affirmer cette réalité!!!) et m’abreuvais de ce genre d’expérience.lama

L’activité consistait d’abord à nourrir et brosser les animaux. Puis il fallait les rassembler, les harnacher, pour enfin se promener à travers les sentiers du domaine. Le tout dans un cadre assez proche de celui de la Cordillère des Andes (j’avais toujours vécu en zone urbaine, alors forcément…)

Mais mon échange avec les enfants et les professionnels a été extraordinaire, voire inoubliable.

L’animal avait un pouvoir quasi magique sur les enfants, autistes pour la plupart. Au moment où je rédige ces quelques souvenirs, cela fait écho au documentaire que je viens de regarder… Un professionnel de la maison de retraite – probablement le directeur – précise en effet qu’il y a « des choses que l’on ne peut pas scientifiquement expliquer, mais le résultat est là : le sourire et le bien-être de la personne ».

Bref. zoothérapie03

Quelques années plus tard. Stagiaire ME en MECS. On accueille N., 14 ans, qui est scolarisé en ITEP. Qui souffre d’importants troubles du comportement avec accès de violence impressionnants  même pour les professionnels aguerris. Or l’effet des animaux sur lui est « quasi magique ». Aussi. Donc l’ITEP lui a trouvé un stage au sein d’une structure de la SPA accueillant surtout des chats. Je me rappelle être allée chercher N. plusieurs fois. J’adorais. J’ADORAIS l’entendre parler des animaux pendant nos 45 minutes de voiture. Même s’il ne comprenait pas du tout mon végétarisme.

J’ai suivi une compulsion intellectuelle ce matin : trouver une vidéo sur la médiation animale. Et j’ai trouvé une très belle perle… Outre la réussite « esthétique » du réalisateur Michel BOSCO, ce documentaire brosse différents publics et différentes institutions…

BOSCO M., Virgule et les autres, la médiation animale, Fondation A&P SOMMER, 2010

Donc en liste … les petites et grandes idées qui sont restées gravées…

A La Bergerie de Faucon, lieu d’accueil pour les jeunes ayant connu des centres de rétention, des CEF, des CER…

  • L’animal recadre le jeune naturellement, par ce qu’il est, sans qu’il y ait besoin d’injonction.

  • « J’aime bien les poules mais j’aime bien aussi les Bip-Bip… Enfin les… les autruches. […] Moi quand j’suis énervé, j’aime bien sortir dehors. Et j’n’arrive pas à parler aux éducs. Alors j’me mets en face des bêtes, et je parle. »

  • Les jeunes accueillis font parfois visiter la ferme. Ils deviennent ceux qui savent. Le relation avec les autres, surtout avec les adultes, est totalement transformée. L’estime de soi, la fierté, la reconnaissance est alors rétablie.

  • «  L’animal révèle le fond de ce que tu es… »

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Le partenariat entre un IME et une ferme de la région d’Auxerre…

  • Lorsque une classe de maternelle se fait guider dans la ferme par un jeune en situation de handicap, lorsque ce dernier leur raconte comment on obtient du lait … c’est tout le regard sur le handicap qui se construit chez les tout petits grâce à une belle expérience…

  • La médiation animale est une activité en lien avec la Vie, c’est une activité Vivante

  • L’enfant, le jeune n’est plus « celui qui est pris en charge ». Il est lui-même celui qui est responsable d’une autre vie. C’est une véritable gratification.

Une maison de retraite qui accueille une association de chiens visiteurs « Quatre pattes pour un sourire »

  • Parce qu’il y a la distance thérapeutique à respecter, il est difficile de procurer de l’amour aux résidents. L’animal permet d’apporter de l’amour.

  • « Ce monsieur n’avait jamais parlé en 7 ans. Et d’un seul coup, on l’a entendu dire J’aime les chiens … »

  • L’animal est parfois une entrée dans la conversation. Et le résident commence à exprimer des émotions, à raconter sa vie personnelle.

  • L’animal apporte aussi beaucoup à l’équipe professionnelle. Lors d’une grande tristesse vécue après le décès d’un résident, ou lors de tension en réunion d’équipe… Le fait de « grattouiller » un chien évacue le stress.

Une MAS avec des résidents atteints pour la plupart de lésions cérébrales

  • Pour ces résidents lassés par les mêmes rééducations quotidiennes depuis des années, le chien apporte l’affectif, le ludique, la joie.

  • Brosser un chien peut avoir une action rééducatrice… Et permettre de rétablir un mouvement corporel qui avait disparu.

  • Juste un gros câlin à un Bouvier.

  • Le chien est un lien social entre les résidents, les familles, les soignants… il permet la communication entre tout le monde, quel que soit l’âge, la fonction, le statut, la difficulté…

  • « L’animal ne fait pas de différence entre la personne handicapée et la personne valide. Il n’y a pas d’a priori. »

Un centre équestre qui propose des activités avec des personnes en situation de handicap

  • « Les personnes que nous accueillons sont souvent décrites par leur déficience ou par leur incompétence. Et moi je propose qu’on les voit comme des personnes porteurs de capacités et de compétences ».

  • Trotter, galoper amène des sensation fortes, ce qui diminue le stress.

Pour voir le documentaire :

DES LIENS :

http://www.fondation-apsommer.org/

« La Fondation Adrienne et Pierre Sommer est, aujourd’hui en France, la seule organisation à but non lucratif, privée et indépendante, qui soutient le développement de pratiques fondées sur les interactions positives qui se jouent entre l’humain et l’animal qui lui est proche, pour explorer des voies nouvelles et mettre à jour des solutions inédites, pour le mieux-être et l’intégration des plus vulnérables : enfants ou adultes fragilisés par la maladie ou le handicap, jeunes en errance, détenus en réinsertion, personnes âgées dépendantes… »

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http://www.bergerie-faucon.org/

« L’idée dès le départ de recréer une structure proche de la famille, soit au maximum 7 jeunes, avec autant d’adultes vivant sur place, a été novatrice ; l’expérience de 30 ans et l’actualité récente confirment que cela a été et est encore un bon choix pour accompagner des jeunes dits « difficiles ».

Proposer à ces jeunes un travail, les encadrer, les encourager, les responsabiliser, les accompagner et puis les laisser s’envoler tout en restant disponible. »

Père Guy Gilbert
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« La Médiation Animale ? Telle est la question pour un grand nombre de personnes …

Le but de cette pratique, en quelques mots, est la recherche des interactions positives issues de la mise en relation intentionnelle homme-animal. Elle est donc associée à une intentionnalité : celle d’associer l’animal à un projet professionnel et/ou une compétence spécifique qu’il soit éducatif, social,  thérapeutique ou de recherche.

[…] Ce site est donc né d’une volonté commune de rassembler, de communiquer, d’échanger, d’informer, de s’interroger sur une pratique en développement en France.

[…] La Médiation Animale est au cœur de l’évolution des relations Homme-Animal et de la place que nous accordons à l’animal au sein de nos sociétés. D’autre part, les préoccupations en terme d’écologie, de biodiversité, d’éthique animale… ne peuvent nous laisser indifférents et être occultées lorsque l’on fait appel à une telle médiation. Il nous paraissait donc essentiel de proposer une rubrique « Animal et Société » et d’ouvrir notre pratique à un champ plus large. »

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http://www.resilienfance.org/

« Résilienfance » est une association Loi 1901, fondée en août 2005 par Malika BEKHTI et Sandie BELAIR psychologues cliniciennes. Elle propose de la relation d’aide ou de la thérapie par la médiation animale, en groupe ou en individuel.

Elle est actuellement présidée par Nicolas PEREZ, Commissaire de Police. Elle est composée d’une cinquantaine d’adhérents et est régie par un conseil d’administration de 6 bénévoles dont le président.

Le nom de l’association vient de la contraction de deux mots : « résilience » et « enfance ». La résilience est la capacité à se développer positivement malgré des conditions de vie difficiles.

Le nom « Résilienfance » est donc porteur d’espoir. Il fait également apparaître le mot « lien » qui souligne l’importance de créer des liens sociaux et affectifs entre individus.

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