Un « jeu-pour-soi » : comment aimez-vous être accompagné quand ça-va-pas-bien-du-tout?

Voici un petit « jeu-pour-soi» particulièrement intéressant pour se connaître soi-même, et pour s’auto-analyser face à l’Autre et à sa douleur… Je me suis inspirée d’un exercice de ma formation de parentalité Faber et Mazlish*, et de jeux de rôles effectués en cours de communication à l’école.

Empathie04

Vous êtes assistant(e) des achats pour une Grande Entreprise (j’ai volontairement pas choisi « vous êtes éduc’ dans un Foyer Jeunes Travailleurs » ndlr). Vous avez beaucoup de travail en ce dernier jour de la semaine, et savez déjà que vous finirez plus tard que prévu. Mais vous êtes motivé(e), consciencieu(ze), et enthousiaste car c’est le weekend dans quelques heures. Vous planifiez votre journée, vous commencez à effectuer vos tâches avec rigueur. Ce qui n’est pas facile. Il y en a vraiment beaucoup. Vous ne parvenez même pas à trouver le temps d’aller boire un café. C’est alors qu’à la fin de votre – toute petite – pause déjeuner, votre supérieur vient vous donner un travail en plus.

Vous êtes sûr(e) que tout ce que vous avez planifié est plus urgent, et vous décidez de remettre la commande de votre patron à lundi matin.

Ce dernier vient vous voir alors que la journée se termine enfin, et que vous êtes sur les rotules… Il entre dans une colère rageuse lorsque vous lui expliquez que vous aviez des tâches plus urgentes « Mais je savais que vous ne serviez à rien dans cette boîte ! Alors quoi ? Plus urgent c’est aller discuter sur Facebook ? Mais MERDE c’était pourtant pas compliqué ce que je vous demandais ! Vous êtes vraiment payé à rien foutre ! ». Et il part en claquant la porte.

(oui c’est assez caricatural, genre série B américaine, mais tentez de rentrer dans la peau du personnage. Je veux dire, de l’assistant(e).)

Essayez de ressentir les émotions, là. Ce qui se passe en vous à la fin de cette journée…

Vous retrouvez alors vos huit meilleurs amis, et vous leur racontez vos déboires pour vous lâcher. Et voici leurs réactions. Sous chaque réaction, vous pouvez noter les réactions émotionnelles que cela suscite en vous si vous avez eu envie d’imprimer, mais vous pouvez aussi les noter dans votre esprit. Le mieux est tout de même de les faire dire/lire par une tierce personne:

  1. Bah, il n’y a pas de raison de te sentir si bouleversé par cette histoire ! T’en as vu d’autres, t’en verras d’autres. Faut relativiser, quoi ! Il y a plus grave dans le monde, regarde en Syrie…

Votre réaction : __________________________________________________________________

  1. Et ouais… La vie n’est pas un long fleuve tranquille, comme on dit. Ainsi va la vie. Tu dois traverser des tempêtes, et tu en ressors plus fort, plus grand.

Votre réaction : __________________________________________________________________

  1. Alors voilà ce que tu vas faire. Dès lundi matin, tu te présentes dans le bureau de ton patron, et tu lui expliques ta démarche. Tu lui expliques les raisons qui t’ont poussées à considérer que la tâche était moins urgente que les autres. Puis tu lui promets que sa demande sera exécutée dans la matinée ! C’est aussi simple que cela !

Votre réaction : __________________________________________________________________

  1. Mais pourquoi étais-tu si certain(e) que tes tâches étaient plus urgentes ? Qu’est ce qui t’a fait estimé ça ? Comment t’as géré ton organisation ? T’as pas pu libérer un moment sur ton planning ? Est-ce qu’il avait précisé que c’était à faire pour le jour même ou pas ?

Votre réaction : __________________________________________________________________

  1. Il faut que tu te mettes à la place de ton responsable. Imagine la pression qu’il peut lui-même recevoir de la hiérarchie. S’il est venu te trouver alors que c’était encore la pause, c’est que c’était vraiment très important pour lui. Tu sais, sa réaction de colère traduit vraiment son propre mal-être. C’est beaucoup de travail de gérer une équipe. Beaucoup de stress !

Votre réaction : __________________________________________________________________

  1. Oh lala !!! T’as vraiment mais vraiment pas de chance ! J’aimerais pas être à ta place, hein… Dire que tu vas devoir l’affronter lundi. Quelle merde !

Votre réaction : __________________________________________________________________

  1. Écoute, il faut analyser le problème et ta réaction d’une autre manière. Si tu es tellement troublé(e), c’est parce que tu projettes sur ton patron une figure paternelle. Je suis sûre que tu peux faire plein de rapprochements entre ton père et ce Monsieur. C’est un transfert. Tu fais un transfert négatif. Comment te traitait ton papa quand tu ne faisais pas tes devoirs ? Hein ?

Votre réaction : __________________________________________________________________

  1. Tu sais, c’est important de faire le travail tel qu’on nous le demande. Tu aurais dû écouter ton supérieur, c’est la hiérarchie. C’est comme ça le monde de l’entreprise. Il y a des codes et il faut s’y tenir. Bon, maintenant, c’est fait… Mais penses-y pour la prochaine fois !

Votre réaction : __________________________________________________________________

  1. Arff, ça a dû être vraiment difficile à avaler, après tout le mal que tu t’étais donné pour bien faire les choses…

Votre réaction : __________________________________________________________________

Y-a-t-il une « proposition » qui vous a rassurée ? Fait du bien ? Qui correspondait à ce que vous recherchiez lorsque vous racontiez votre journée à vos amis ? Laquelle ? Essayez de répondre avant de lire ce qui suit… Alors voici les réponses couramment employées lorsque quelqu’un exprime son mal-être.

  1. Celui qui nie les sentiments

  2. Le philosophe

  3. Le sage conseiller

  4. L’interrogateur qui veut vous faire réfléchir

  5. Celui qui défend le Méchant

  6. La pitié

  7. La psychanalyse de comptoir

  8. La leçon de morale

  9. La réponse empathique

Allez, maintenant vous pouvez transposer pour Sonia:

Empathy02Sonia, 16 ans, placée en MECS depuis 3 semaines. (maltraitance psychologique de sa mère, fugues innombrables depuis ses 9 ans…) ; elle a une histoire d’amour avec un jeune garçon très amoureux d’elle mais qui est aussi jaloux, possessif, et peut se monter violent verbalement. Évidemment ils n’ont « pas le droit de se voir » dixit la maman. Elle déclare facilement qu’elle veut tomber enceinte de lui, que de toutes façons, ils ne se protègent pas. Comme à la maison, Sonia fait régulièrement des fugues de 2 – 3 jours… Toute sa famille et l’équipe est inquiète pour cette histoire passionnelle entre les deux adolescents. Et un beau jour, Sonia se fait larguer. Elle est au désespoir. Elle ne veut pas sortir de sa chambre, ne veut plus manger, pleure tout le temps.

Et donc ? Comment accompagnez-vous cette jeune fille ?

* Lien vers le site de l’association Pas à Pas: https://assopasapas.wordpress.com/

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