Des idées de jeux coopératifs

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Je ne vais pas présenter un comparatif entre les valeurs du jeu traditionnel et les valeurs du jeu coopératif – bien que j’en aie très envie… Le jeu collectif développe à mon sens des compétences humanistes essentielles pour l’évolution personnelle ET pour l’évolution de notre société. Il peut être pratiqué avec différents publics, et les exemples que j’ai donnés ici peuvent être adaptés / très appréciés par des adultes.

Une petite présentation « en liste » du concept de jeu collectif

Les objectifs :

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  • Faire découvrir les bienfaits de la coopération
  • Encourager la participation et l’entraide
  • Créer un esprit de groupe
  • Favoriser les initiatives
  • Oser s’exprimer
  • Identifier sa place dans un groupe
  • Mieux se connaître
  • Favoriser l’estime de soi
  • Développer les valeurs de solidarité, de respect de soi et des autres

Les moyens :

  • Jeux de plateaux (le plus connu étant « Le Verger », mais il suffit d’être inscrit à la ludothèque pour en découvrir des dizaines d’autres!)
  • Jeux sportifs, de motricité …
  • Jeux de créativité / de théâtre

Des exemples

Voici maintenant quelques idées de jeux coopératifs que j’ai pu tester en institution spécialisée et/ou en école o r d i n a i r e, et/ou que j’ai moi même pratiqué au théâtre, lors de stages, en formation… J’ai découpé en 3 parties (comme à l’école!) : se présenter au groupe, favoriser la communication interpersonnelle, créer ensemble. J’aurais pu développer une 4e partie sur des jeux de résolution de conflits, mais j’ai préféré garder l’idée pour plus tard.

  1. Se présenter au groupe lorsque l’on ne se connaît pas… Mais pourquoi pas lorsque l’on se connaît (ou que l’on croit se connaître!), c’est oser, c’est s’affirmer, c’est accueillir l’Autre, c’est être dans l’authenticité (ou pas mais ça peut être drôle aussi)

« BONJOUR ! »

On forme un grand cercle. Chaque participant vient au centre dire/crier/chuchoter son prénom en l’associant à un geste délibéré. Puis les autres viennent ensemble répéter le prénom et le geste.

Petite présentation poétique

En cercle. Chacun son tour, les participants disent leur prénom, puis  choisissent un animal (ou un fruit, un héros, une plante, un lieu…) et explique la raison de son choix.

  1. S’exprimer, écouter, la communication interpersonnelle. Avec les mots, les gestes, pour mieux appréhender les différences personnelles, pour accueillir et gérer les différends voire les conflits…

Les 4 éléments

Il faut un ballon. Ou un objet que l’on peut lancer et recevoir. Toujours en cercle, les participants se lancent le ballon/l’objet. Le lanceur envoie le ballon en disant «terre» à un autre participant. Ce dernier reçoit l’objet et doit citer un animal terrestre; si c’est « air », un oiseau, si c’est « eau », un poisson, si c’est « feu », il ne dit rien. Puis le receveur devient lanceur. Pour que ce soit plus drôle, le receveur peut demander au lanceur de mimer l’animal en question.

Le chef d’orchestre

Un participant face au reste du groupe… Il mime un geste répété par tout le monde, enchaîne avec d’autres gestes. Puis c’est au tour d’un autre. On peut varier en demandant de faire des sons, de faire un geste lent ou rapide…

Mon humeur

En cercle. Il faut choisir un objet à se passer ou une balle. Demander à chacun de choisir une humeur/émotion (en colère, heureux, fatigué…). Puis on offre la balle à quelqu’un en mimant l’humeur choisie, que l’autre doit deviner.

La grande mélodie

En cercle. On choisit ensemble un air que tout le monde connaît. On commence à le fredonner assis, puis on se redresse au fur et à mesure, le plus « synchro » possible, tout en chantant de plus en plus fort. Pour finir les bras levés avec un son élevé, puis on redescend la voix et le corps.

Le cercle de respiration

En cercle, chacun se tient la main dans le silence. Il s’agit de caler sa propre respiration sur la respiration du voisin.

« Écoute le dessin »

Il faut des petites images, du papier, des crayons de couleur/feutres. Les participants sont par deux. L’un décrit l’image que l’autre ne voit pas, mais dessine. On compare ensuite l’image originale et le dessin (pas au niveau esthétique évidemment!!!!)

Les statues aux émotions

Chacun son tour, un participant nomme une émotion, les autres la miment en se transformant en statue

  1. Soi et le groupe… prendre sa place dans le groupe et y jouer un rôle, reconnaître ses valeurs personnelles et ce qu’elles apportent au groupe, se sentir confiant et en sécurité.

Le chapeau fou

Il faut un chapeau. Mais n’importe quel autre accessoire peut marcher (foulard, sac…). Créer un espace « scène », et un espace « public ». Chacun leur tour, les participants viennent sur « scène », seuls, et doivent effectuer une danse rythmée au son des clappements de main du public. Il s’agit d’être… le plus ridicule possible.

Les marches rigolotes

En file indienne. Le premier marche de manière étrange/accentuée/rigolote, et tout le monde l’imite derrière. Puis il part à l’arrière de la file et c’est au suivant…

Les tableaux immobiles

Deux ou trois groupes sont constitués en fonction du nombre de participants. Un animateur donne à chacun une scène à représenter « immobiles », ou bien les participants choisissent leur thème (au marché, au zoo, un bateau qui coule)… Ils se préparent avant ou non, puis chaque groupe présente son tableau que les autres doivent deviner.

Relancer l’automate

Les participants se déplacent dans un espace en imitant un automate/un robot. Puis l’un d’entre eux commence à faiblir. Alors un autre doit venir l’aider et relancer le mécanisme avant qu’il ne s’effondre.

L’arbre aux ressources :

Il faut avoir dessiné un grand arbre et avoir des post-it ou autres bouts de papiers ainsi que des crayons. Ils représenteront les feuilles (et pour faire joli, on peut même les découper en feuille!). Chaque participant prend une feuille, écrit son nom, et sa qualité et/ou sa compétence principale (je sais faire des gâteaux, je suis bon au foot, je suis débrouillarde…)

Le blason

L’animateur a trouvé et photocopié un blason vierge sur internet, qu’il a séparé en quatre parties. Il explique ce qu’est un blason. Puis invite les participants à remplir par des mots, des dessins, des collages (en fonction des ressources, du public…), chaque « partie » du blason qui représenterait (au choix)

  • Ce que j’aime faire
  • Mon rêve
  • Les gens que j’aime
  • Mon héros
  • Ce qui me rend heureux
  • Mes compétences
  • Un lieu que j’aime

Puis chacun explique son blason. Ils peuvent éventuellement être ensuite affichés.

Ma carte d’identité-trésor

Il faut des feuilles et des stylos pour chaque participant. Chacun écrit son nom au bas d’une feuille, puis la donne à son voisin de gauche. En haut de la feuille, ce dernier écrit une qualité, ou quelque chose qu’il apprécie particulièrement chez son voisin (donc de droite…). Puis il plie le bout de page où il vient d’écrire et la fait passer à son voisin de gauche qui fait la même chose : il écrit pour celui à qui appartient la carte d’identité-trésor dont le nom est indiqué en bas (oui quand on est 20 ça peut embrouiller). Les feuilles circulent pour revenir ensuite au destinataire en cadeau.

La bouteille

On se place en cercle assez serré, les épaules doivent se toucher. Un participant se met au milieu et ferme les yeux. Il se tient bien droit, les pieds bien ancrés au sol et se laisse tomber. Les autres participants le soutiennent. On « s’envoie » la bouteille en la poussant, alors qu’il garde bien les pieds au sol. Au fur et à mesure, le groupe meut s’écarter. L’animateur doit bien veiller à la sécurité de chacun…

La grande course

Tous les participants se placent contre un mur à un bout d’une salle. Un volontaire part du mur opposé et court le plus rapidement possible vers le groupe, qui le stoppe en douceur (OK, il faut quelques bras musclés). Le but est de ne pas freiner : c’est le groupe qui freine. On peut le faire ensuite les yeux fermés !

L’oiseau silencieux

Tous les participants « oiseaux » ont les yeux bandés sauf un, choisis par l’animateur sans que personne ne le sache. Chacun se promène dans la pièce. Lorsque deux oiseaux se rencontrent ils se disent « cui cui ». Sauf celui qui est le « voyant » qui reste silencieux. Lorsque le « voyant » est découvert par un « aveugle », ce dernier devient le silencieux.

La chaise musicale coopérative

C’est la même, sauf qu’il n’y a pas de perdant… Donc il y a au début une chaise par participant – 1, de la musique… et lorsque la musique s’arrête, tout le monde prend une place. Celui qui n’a pas de chaise s’assoit sur les genoux de quelqu’un. Une chaise est retirée à chaque tour. Mais jamais personne n’est exclut : les autres proposent leurs genoux. Même lorsqu’à la fin il reste une chaise pour 10 participants : il faut trouver une solution pour que tout le monde soit assis ! L’animateur veillera à la sécurité…

  1. Créer ensemble…

La fresque

Créer une fresque thématique en commun sur un grand format : un arbre, des autoportraits, une ville, un paysage, un mandala… J’ai vu dans une institution à Berlin un magnifique tableau en mosaïque représentant le calendrier Maya. SU-BLIME.

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Le cadavre exquis dessiné

Une feuille est distribuée pour 4 personnes. Le premier dessine une tête, puis plie son morceau de feuille de manière à ce que le suivant ne voit que la fin du cou et poursuive en dessinant le haut du torse et des bras. Le second dessine le ventre et le bassin. Le dernier dessine les jambes. On peut ajouter tous les détails qu’on veut autour. Il faut penser à laisser les marques pour que le suivant puisse partir du bon endroit. Et c’est mieux de dessiner « en cachette »… A la fin, on déplie l’œuvre. On peut faire thématique : des animaux, des humains, des hybrides/monstres…

L’histoire à X voix

Une histoire est racontée, chacun son tour invente le déroulement. Le scénario a très peu d’importance, du moment qu’on se lâche ! En variante, on peut préparer une liste de mots (objets, personnages, animaux, lieux) sur des morceaux de papiers ; Retournés chacun les pioche au fur et à mesure et est obligé de poursuivre la narration en intégrant son mot. Pour lancer l’inspiration, l’animateur peut commencer à raconter le début d’un voyage (en mer, dans l’espace, dans un nouveau pays, dans un lieu imaginaire, dans le temps…)

L’histoire à X voix version écrite

Feuilles et stylos. Idem que le cadavre exquis dessiné, mais avec des phrases. Chaque participant écrit une phrase sur une ligne qu’il pliera. Pour que le suivant puisse écrire quelque chose éventuellement en lien (c’est plus drôle), les 2 – 3 derniers mots se trouvent au début de la ligne suivante…

Oups, j’espère avoir été claire… ?

Le Grand Patchwork

Chacun crée une œuvre individuelle qui sera ensuite collée aux autres pour une grande œuvre collective… Plusieurs moyens :

  • Carrés de tissus, fils, laine, ciseaux, colles…
  • Carrés de cartons, peinture…
  • Carrés de papier, pastel/peinture/feutres/crayons…
  • Matériaux de la nature…
  • Collages…

Il peut y avoir un thème ou des couleurs imposées. Nous avions ainsi créé un jour un grand Azulejos en carton avec ma promotion…

La Machine Infernale

Un premier participant commence à associer un bruit et un son répétitif. Un second se joint à lui et propose son bruit et son geste, puis chacun se rejoint. Il faut impérativement qu’il y ait un contact physique avec un participant.

Le débriefing

Il est à mon sens très important de proposer un débriefing après avoir joué. Que ce soit après une séance de plusieurs jeux, ou à la fin d’une activité. Demander à chacun ses ressentis : ce qu’il a aimé, ce qu’il n’a pas aimé, ce qu’il a trouvé difficile. C’est ce que j’ai choisis de faire lors de mon atelier « théâtre » avec des ados d’import, qui comportait de très nombreux jeux coopératifs et autres improvisations inspirées de coopération, co-écoute, co-construction… Le débriefing permet de revenir sur ce qui s’est passé, mettre en valeur ce qui a été vécu, transmis, s’exprimer. D’expérience auprès d’adolescentes d’IMP (troubles de l’efficience légers à moyens), le débriefing est presque le moment préféré du jeu! Parce qu’il permet un retour sur soi, il facilite l’expression, implique l’écoute et l’accueil de l’autre. C’était, je l’avoue, mes petits moments-trésors de la semaine, où l’on sent les bienfaits de l’activité!

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Et pour aller plus loin :

MASHEDER M., Jeux coopératifs pour bâtir la paix, Chronique Sociale, Lyon, 2011

DOYON J., Art dramatique et déficience intellectuelle, Chronique Sociale, Lyon, 2007

http://www.universitedepaix.org/

L’Office centrale de la Coopération à l’école : http://www.occe.coop/federation/

http://www.graines-de-paix.org/fr/nos_programmes_thematiques/programme_education_concepts_et_outils_pedagogiques

Éducation à la non violence et à la paix : http://education-nvp.org/

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Une réflexion sur “Des idées de jeux coopératifs

  1. Bonjour j’ai lu votre article.
    J’ai vu qu’il est présenté comme une fiche d’activité d’animation.
    Bref c’est anecdotique.
    Ce qui m’a fait lire vôtre article c’est la phrase :
    « Toujours dans cette idée d’élever les consciences, d’inviter à la paix, d’agir concrètement »
    J’entends l’intérêt que vous portez au jeux coopératifs, mais à la lecture de votre article je sens un manque de connaissances ( peut-être je me trompe) sur l’action ludique et de son potentiel.
    Le jeu au-delà des jeux ( moyen de jeu).
    Ne prend son plein pouvoir que dans l’absence de but ou d’intention autre que le plaisir de l’action.
    A partir de ce point de vue les divers catégories de jeux dont les coopératifs sont inclus ont leur importance dans le développement de conscience (même les jeux compétitifs).
    A condition de comprendre que la raison d’être du ludique est le plaisir et que le plaisir est le moteur de l’apprentissage et de (ré)génération cellulaire.
    La puissance ou magie du jeu est qu’il permet l’expression sans conséquence des sous personnalités actives.
    Donc j’aurais tendance intellectuellement à considérer les jeux coopératifs comme la fine perle des divers jeux mais fessant partie d’un ensemble de jeux stimulant les divers facettes de notre cerveau.
    Je dis intellectuellement car par mon observation de terrain je comprends qu’un excellent objet de jeu est un objet de jeu qui procure un grand plaisir. Et ce jeu dépend d’un contexte.

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