Mes citations coup de cœur d’Alexandre JOLLIEN

Il est suisse, il est philosophe, il est spécialiste des penseurs grecs… Il est aussi atteint d’un handicap moteur et cérébral à cause d’un accident survenu à sa naissance. J’adore cet homme…

jollien

Éloge de la faiblesse, 1999
  •  « Très vite, j’eus l’intuition qu’en fuyant le handicap, on s’isole. Il est là, il faut l’accueillir comme un cinquième membre, composer avec lui. Pour ce faire, la connaissance de ses faiblesses me semble primordiale.
  •   « Je dis simplement qu’il faut tout mettre en œuvre pour parvenir à tirer profit, même de la situation la plus destructrice. J’insiste sur les épreuves parce que celles-ci restent inévitables. Rien ne sert de discourir, d’épiloguer des heures durant sur la souffrance. Il faut trouver des moyens pour l’éliminer et, si on ne le peut pas, l’accepter, lui donner sens. »
  • « Je me rappelle toujours de cet esprit rebelle à qui j’adressai ma salutation habituelle : « Sois sage ». Un jour, il me répondit à brûle-pourpoint : « Et toi, marche droit! » Cela me procura un plaisir extrême. Il m’estimait pour moi-même et n’avait pas pris les pincettes que prennent ceux qui me sourient béatement […] Il y a des sourires qui blessent, des compliments qui tuent »
  • « Au Centre se trouvent deux gros classeurs, dans lesquels des générations d’éducateurs, de médecins, de stagiaires boutonneuses ont répertorié des faits de mon existence, ont émis des jugements sur ma situation et mes parents… »
  • « Les éducateurs m’ont éduqué a contrario, ils m’ont donné un modèle tout fait, figé, que je me suis efforcé par la suite de ne pas suivre. »

Le métier d’homme, 2002
  • « C’est vrai qu’un moment d’intense souffrance m’a permis d’ouvrir les yeux et d’aller à la rencontre des autres. Ce sont eux qui m’ont sauvé. A l’envers de Sartre, je dirais le salut, c’est les autres. »
  • « Je ne pense pas que l’on doive se blinder contre le regard qui brise parce que ce serait fermer la porte au regard qui aime, qui épanouit. Je consens à rester vulnérable pour ne pas anesthésier ma sensibilité. »

Le philosophe nu, 2010
  • « Accepter que nous ne guérirons peut-être jamais de nos carences ni de nos plaies, assumer que les coups du passé peuvent hanter une âme pour nous ouvrir aux dons du jour et, pourquoi pas, les partager. Voilà à peu près tout ce que nous pouvons faire ! »
  • « Il faut avoir un chaos en soi pour mettre au monde une étoile dansante… »
  • « Je crains de passer pour un fataliste, pour un être finalement résigné. Pourtant, je suis convaincu que c’est en assumant totalement le réel que je combats plus activement la souffrance. »
  • « Ultimement, le temps que cela prendra compte peu; la libération est possible, donc patience et détermination.
    Peu importe les blessures, les faux pas, le chaos. Tant pis si je ne suis pas à la hauteur de mes rêves, pourvu que je garde le cap, dans la joie. »

Petit traité de l’abandon : Pensées pour accueillir la vie telle qu’elle se propose, 2012
  • « La vie n’est jamais loupée. La vie n’est pas à réussir. Ce n’est pas un objectif. Vivre est à soi sa propre fin. »
  • « Rencontrer l’autre, c’est aller vers un autre monde. Sortir de soi, de ses repères, de ses carapaces et de ses armures. Sortir des rôles que nous jouons. »
  •  « Le handicap n’est pas un problème. Il le devient dès que je commence à réfléchir, à comparer, à regretter, à vouloir. »
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